Soin Tokio cheveux : mon avis après trois passages en salon

Ma coiffeuse me l’a proposé la première fois en janvier 2025, après une décoloration qui avait laissé mes longueurs sèches comme de la paille. J’ai dit oui sans enthousiasme. Le soin Tokio cheveux traîne une réputation de produit miracle, et les produits miracles me rendent méfiante par métier.

Ce que fait réellement un soin Tokio cheveux

Le protocole s’appelle Tokio Inkarami et vient du Japon. Il repose sur un enchaînement de quatre à six produits appliqués en salon, avec des temps de pose courts et un passage sous chaleur. L’idée annoncée est de reconstituer des liaisons internes de la fibre abîmées par la couleur, la chaleur ou le temps.

Concrètement, ce n’est ni une kératine lissante ni un patine. Ça ne change pas la forme du cheveu et ça ne modifie pas la couleur. Ça agit sur la texture : la fibre redevient dense, plus lourde, et surtout le cheveu redevient lisse au toucher quand on remonte de la pointe vers la racine.

Femme rousse de dos vaporisant un soin sur ses longueurs
Femme rousse de dos vaporisant un soin sur ses longueurs

Ce que j’ai constaté, séance après séance

Première séance, en janvier. Le résultat immédiat est spectaculaire, il faut le dire. Mes longueurs, qui accrochaient au peigne, ont glissé. Le brillant était réel, pas un effet de silicone. Ça a tenu environ cinq semaines, puis c’est redescendu progressivement sans jamais revenir à l’état d’avant.

Deuxième séance, en avril, sur cheveux moins abîmés. Le gain était nettement plus faible. Logique : il y avait moins à reconstruire. C’est la séance que je referais différemment, parce que j’ai payé 68 € pour une amélioration que j’aurais eue avec un masque maison à 18 €.

Troisième séance, en septembre, juste avant un balayage. Là, l’intérêt n’était plus le résultat visible mais la préparation : la coiffeuse a constaté que la décoloration prenait plus uniformément sur une fibre traitée. C’est l’usage qui me convainc le plus aujourd’hui.

Le prix, et ce qu’il faut en penser

Comptez 45 à 60 € en province pour un protocole court, 70 à 90 € à Paris ou pour la version complète avec plusieurs ampoules. À Lyon, ma coiffeuse facture 68 € et l’inclut à 55 € si c’est couplé à une couleur.

Mis en face d’un shampoing et d’un masque de pharmacie à 35 € le duo, la comparaison semble défavorable. Elle ne l’est pas tout à fait, parce que les deux ne font pas la même chose : le masque dépose, le Tokio pénètre. Mais elle devient défavorable si vous enchaînez les séances tous les deux mois sur des cheveux en bon état. Deux à trois fois par an suffisent, et je refuse désormais quand on me le propose plus souvent.

Un mot sur les promesses commerciales : les allégations affichées en salon relèvent des mêmes règles que n’importe quel produit cosmétique, et l’Institut national de la consommation publie des repères utiles pour savoir quoi exiger comme information avant de payer une prestation.

Peigne en bois passé dans de longs cheveux roux brillants
Peigne en bois passé dans de longs cheveux roux brillants

Pour quels cheveux je le conseille, et pour lesquels je ne le conseille pas

Je le conseille à une cliente qui sort d’une décoloration, d’un blond froid entretenu, d’un lissage chimique ancien, ou dont les longueurs ont plus de trois ans. Dans ces cas, la fibre est structurellement fatiguée et un dépôt de surface ne suffit plus.

Je ne le conseille pas sur des cheveux naturels non colorés qui frisottent : le frisottis est souvent un problème d’hydratation et de coupe, pas de structure. J’ai vu des clientes dépenser 200 € par an en soins reconstructeurs alors qu’une coupe dégradée tous les quatre mois et un shampoing sans sulfate auraient réglé la question.

Je ne le conseille pas non plus si le budget coiffure est serré. Entre un soin Tokio et une coupe supplémentaire dans l’année, la coupe gagne à chaque fois. C’est elle qui tient la silhouette, et une bonne coupe fait plus pour l’allure générale qu’un cheveu brillant sur une ligne mal dessinée.

Ce qui prolonge le résultat

Trois gestes, et je m’y tiens depuis l’hiver dernier : rinçage final à l’eau froide, séchage à 80 % à l’air libre avant le sèche-cheveux, et protecteur thermique systématique dès qu’un fer approche. Ce n’est pas nouveau, ce n’est pas séduisant, et c’est ce qui fait la différence entre cinq semaines et neuf semaines de tenue.

Reste une limite que personne n’aime entendre : un cheveu très abîmé sur ses vingt derniers centimètres ne se répare pas, il se coupe. Le Tokio achète du temps. Il ne remplace pas les ciseaux.

Ce qu’un soin Tokio cheveux ne remplace pas

La coupe, d’abord, et je l’ai déjà dit. Ensuite, le shampoing du quotidien. J’ai vu des clientes sortir de séance et reprendre un shampoing à sulfates agressif le lendemain, ce qui revient à remplir une baignoire percée.

Le rythme de lavage compte tout autant. Passer de six lavages par semaine à trois change la texture en un mois, gratuitement. Beaucoup de femmes n’osent pas essayer parce que la période de transition, deux à trois semaines pendant lesquelles le cuir chevelu regraisse vite, décourage.

Il y a enfin la question de l’eau. À Lyon, l’eau est dure, chargée en calcaire, et elle dépose un film minéral qui ternit. Un pommeau filtrant coûte entre 30 et 60 € et fait, sur un an, autant de différence qu’une séance en salon. C’est le conseil le moins glamour que je donne et c’est un de ceux dont on me remercie le plus.

Une remarque pour finir. Les soins qui durent sont ceux qu’on planifie, comme l’entretien d’un cuir verni, et pas ceux qu’on lance en urgence quand le mal est fait. Le même raisonnement s’applique au rangement des lainages, où une attaque de mites se prépare des mois avant d’être visible.