J’ai remplacé mes rasoirs jetables par un rasoir de sûreté

J’ai acheté mon premier rasoir de sûreté femme en 2022, pour une raison peu noble : j’en avais assez de payer 14 € les quatre cartouches. Ce qui devait être un calcul d’économie est devenu une habitude que je ne referais pas en arrière, mais le passage n’a rien eu d’immédiat.

Deux semaines de maladresse, personne ne le dit

Le premier matin, je me suis coupée deux fois. Le deuxième, une fois. La troisième semaine, plus du tout. Un rasoir de sûreté ne se manie pas comme un rasoir à cartouches : la lame est unique, exposée, et l’angle fait tout. On ne pousse pas, on ne rattrape pas les zones ratées en repassant six fois.

Le geste juste, c’est environ 30 degrés entre le manche et la peau, aucun appui, et des passages courts de trois à cinq centimètres. La tentation naturelle est d’appuyer, exactement comme avec un rasoir à trois lames. C’est ce qui coupe.

Si vous essayez, commencez par les jambes, en fin de douche, sur une peau chauffée depuis cinq bonnes minutes. Les aisselles et le maillot viennent après, quand le geste est acquis. Je le précise parce que je vois passer des recommandations qui conseillent l’inverse, et c’est la meilleure façon d’abandonner au bout de trois jours.

Blaireau et bol de mousse à raser sur un rebord de fenêtre de salle de bain
Blaireau et bol de mousse à raser sur un rebord de fenêtre de salle de bain

Les poils incarnés, le vrai argument

C’est l’effet que je n’attendais pas. Avec une cartouche à trois ou cinq lames, la première lame tire le poil, les suivantes le coupent sous le niveau de la peau. Le poil repousse sous la surface, et il s’incarne. Une lame unique coupe au ras, sans tirer.

Sur mes jambes, la différence a été nette dès le deuxième mois. Sur le maillot, elle a été spectaculaire, et c’est le retour que me font aussi deux clientes à qui j’en avais parlé entre deux essayages. Ce n’est pas une donnée clinique, c’est un faisceau d’observations concordantes, et je le présente comme tel.

En contrepartie, le rasage est moins ras. Un rasoir de sûreté ne donne pas le fini glacé d’une cartouche neuve à cinq lames. Il donne un résultat propre qui tient environ un jour de moins. Pour moi, l’échange est largement gagnant. Pour quelqu’un qui recherche l’effet peau de pêche absolu, il ne l’est pas.

Le calcul, fait honnêtement

Le rasoir en laiton que j’utilise m’a coûté 32 €. Les lames se vendent autour de 8 € les cent, soit 8 centimes l’unité. Je change de lame toutes les cinq à six utilisations, ce qui donne un coût annuel de lames d’environ 6 €.

En face, mes cartouches coûtaient 14 € les quatre et duraient chacune une semaine. Soit près de 180 € par an. L’amortissement du manche s’est fait en dix semaines, et je n’ai pas racheté de manche depuis.

Le deuxième bénéfice est matériel : un rasoir jetable est un assemblage collé de plastique et d’acier que rien ne sépare, donc rien ne recycle. Une lame de sûreté est de l’acier pur, qui se dépose en déchetterie dans un petit bidon métallique une fois plein. Les repères sur la réduction des déchets du quotidien publiés par le ministère de la Transition écologique donnent le cadre, et cet objet-là est un des rares où le geste vertueux coûte aussi moins cher.

Flacons et pots cosmétiques rechargeables alignés sur une étagère de salle de bain
Flacons et pots cosmétiques rechargeables alignés sur une étagère de salle de bain

Choisir le bon modèle sans se tromper

Trois critères comptent, et le reste est de la décoration.

Le poids d’abord : entre 60 et 100 grammes. C’est lui qui exerce la pression à votre place. Un modèle trop léger vous poussera à appuyer, et vous vous couperez.

La longueur du manche ensuite : au moins 9 cm si vous rasez vos jambes. Les manches courts sont pensés pour le visage et deviennent inconfortables derrière le genou.

L’agressivité de la tête enfin, c’est-à-dire l’exposition de la lame. Pour commencer, il faut une tête fermée, dite douce. Les têtes ouvertes rasent plus vite et pardonnent beaucoup moins. Aucun vendeur ne vous en parlera spontanément, c’est pourtant ce qui détermine si vous garderez l’objet.

Une réserve, et elle compte

Je ne le conseille pas si vous vous rasez en vitesse, sans lumière correcte, dans une douche partagée le matin avec deux personnes qui attendent derrière la porte. Ce rasoir demande deux minutes de plus et un minimum d’attention. Sur une semaine chargée, c’est exactement ce qu’on n’a pas. Une cliente me l’a rendu au bout d’un mois pour cette raison, et elle avait raison de le faire plutôt que de s’entêter.

Entretenir un rasoir de sûreté femme pour qu’il dure

Le manche ne demande presque rien, mais ce presque rien évite l’oxydation. On démonte la tête une fois par semaine, on rince à l’eau chaude, on sèche à la serviette. Le laiton et l’acier inoxydable supportent l’humidité ponctuelle, pas l’humidité permanente d’une tablette de douche.

Les lames, elles, doivent sécher entre deux usages. Une lame laissée montée dans un rasoir mouillé s’émousse deux fois plus vite, et la plupart des gens qui trouvent qu’une lame « ne dure que trois rasages » ont simplement un rasoir qui ne sèche jamais.

Pour la mise au rebut, on ne jette pas une lame nue à la poubelle. Une petite banque à lames en métal, vendue autour de 8 €, se remplit en deux ans et se dépose entière en déchetterie. À défaut, une boîte de conserve vide fait le même travail.

Si ce genre d’arbitrage entre prix d’achat et coût réel vous parle, vous retrouverez la même logique dans mon retour sur le soin Tokio en salon et dans ce que j’écris à propos des chaussures vernies qui craquellent.